NOTES DE LECTURES
Rodrigo de Souza Leão, Tous les chiens sont bleus
FAL (Facile à lire)
Niveau lecture impliquée et profonde :
Sophie Saulnier est une éditrice que moins de dix libraires connaissent, son travail est exigeant et invisible, même si Claro a soutenu deux fois son catalogue sur son Clavier Cannibale. J’ai été et suis toujours le coach love du livre Tous les chiens sont bleus de Rodrigo de Souza Leão. On ne sait pas depuis son continent comment Rodrigo a lu Emmanuel Bove. Nous les hyperdélirants, on nous colle des étiquettes d’hurluberlus, d’égotiques, de grands masturbateurs et de complets pédés qui s’ignorent, trucs habituels. Pas difficile de s’identifier conséquemment à cet écrivain et à voir en Rodrigo un camarade, un comparse, un frère d’âme et un fou littéraire, et d’y aller de l’accolade, du soutien pour son texte tendu comme une sangle. Rodrigo est dit schizophrène. Paranoïa, CIA et tout le barda. Il va inventer une langue, pour en sortir, depuis son deuxième séjour à l’hôpital psychiatrique, au Brésil. Rodrigo, parfaitement ami intime de Rimbaud, Baudelaire (et Pessoa). Ce n’est pas lui qui a tué Redoutable Fou. Il ne ferait pas de mal à une mouche, il a juste avalé un grillon et un peu tout cassé. Tout au plus on trouvera en France, une micro-communauté de lecteurs neurologiquement secoués. Jérôme de Martinet ou de la Conjuration des imbéciles sous psilocybes. Dans toutes les listes valables on n’oublie jamais Les Chants de Maldoror, on y ajoutera désormais Tous les chiens sont bleus.
Niveau FAL, à l’entrée de votre médiathèque
Un écrivain mort et inconnu. Vous ne le lirez jamais. Son bouquin est un Fusil Automatique Léger dirigé sur vous.
Christophe Esnault,
extrait de Pistolet à bouchon sur la tempe, série de lettres en cours d’écriture