SUR LE LAMPADAIRE
Phrases et poèmes lampaderesques















































































NOUVEAUTÉS
C’EST ROUSSEL QUI COMMENCE

«[...]
—Si méthodique, avant de l’arroser, Cerbère
Le flairerait de ses trois nez, le réverbère ;
[...]»
Raymond Roussel, 1932, Nouvelles impressions d’Afrique, Librairie Alphonse Lemerre.


Comme de la Tour Eiffel il ne restait que le socle dans la brume pour avoir un peu de lumière, il fallait se tourner vers l'île où les deux tours de Notre-Dame émettent, faiblement mais sûrement, à travers leurs découpures zébrées.
F. K.


Le lampadaire n’a pas de veine ; des garçons en goguette aux cabots en vadrouille, il reçoit le soulagement et toujours reste triste et droit, sans défense ni compassion.
B. C.


Derrière la lampe, il y a de l’air.
- Et dessous ?
- La lumière.
A.J.


Dans cette affaire, le lampadaire le savait : il était grillé.
A.J.


Sinon un soir, sur la place Margarita
y avait un lampadaire avec un vieil abat-jour et une lumière fébrile,
posé comme ça dehors en face d’une porte…
j'ai pensé à toi.
L. B.


Every night, the streetlights glow fiercely to be crowned the best insect catcher ever !
S.R.


On les nomme lampadaire parce qu'à Constantinople pays des camalidés ils n'avaient qu'une seule bosse, une seule bougie. A deux bougies on appelait ça des lampameaux.
M.L.


Petits, dans le noir, il y a plus d'un empereur qui s'est écrié: mon empire pour un lampadaire.
M.L.


En Turquie, dans le CIO, il y eut un silence géné quand l'élève déclara: plus tard je veux être lampadaire.
M.L.


Maudit soit le lampadaire qui éclaira ma route alors que je broyais du noir.
M.L.



RILKE S’Y ÉTAIT DÉJÀ MIS À SA FAÇON

«Lampe du soir

Lampe du soir, ma calme confidente,
mon cœur n'est point par toi dévoilé ;
(on s'y perdrait peut-être ;) mais sa pente
du côté sud est doucement éclairée.

C'est encore toi, ô lampe d'étudiant,
qui veux que le liseur de temps en temps
s'arrête, étonné, et se dérange
sur son bouquin, te regardant.

(Et ta simplicité supprime un Ange.) »
Rilke, 1926, Vergers, Gallimard.


Assise dans une zone de lumière,
zone sûre,
le reste a disparu dans l'ombre.
Moi dans le fauteuil,
au bout du canapé, sous le chapeau à gland.
Le doré triangulaire qu'il diffuse,
tu luttes contre le noir,
je me pelotonne. La nuit gagne du terrain, je ramasse mes jambes,
le lampadaire donne le triangle
Doré.
Permet la lecture, le calme,
adoucit les aspérités du silence,
éloigne. Et crée des lieux intermédiaires, luz.
A. J.


Le lampadaire, ce paresseux, maudissait le lecteur confortablement installé dans sa lumière. Car bien que s’étirant, le lampadaire préférait les textes courts. Lapidaires.
A.J.











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